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Quand Galilée a tourné son télescope vers les étoiles, il a changé à jamais notre perception de l’univers. Voici quatre objets célestes que vous pouvez observer avec une bonne paire de jumelles — des objets que Galilée a été le premier à voir dans l’histoire humaine.

L’une des contributions majeures de Galilée à la science a été l’utilisation sans précédent du télescope pour l’astronomie. En 1609, le télescope venait tout juste d’être inventé aux Pays-Bas, et Galilée s’est appuyé sur ce design pour construire le sien. Aujourd’hui, il est possible de voir une grande partie de ce que Galilée a observé pour la première fois — avec une bonne paire de jumelles, un trépied et un ciel dégagé.

Voici quelques objets à repérer si vous voulez vous sentir comme un véritable pionnier de l’astronomie. Pour connaître leur position exacte selon votre lieu et votre moment d’observation, on vous recommande d’utiliser une application ou un site comme The Sky Live ou Sky Safari.

Illustration de Jupiter et de ses quatre plus grands satellites (dits « galiléens »). De gauche à droite : Io, Callisto, Jupiter (avec l’ombre d’Io projetée sur sa surface), Ganymède et Europe. Les corps sont représentés à l’échelle, vus d’un point situé au-delà de l’orbite de Callisto. Crédit image : Getty Images

1. Les lunes de Jupiter

Avant Galilée, l’humanité ignorait que d’autres planètes avaient des lunes. On croyait que tout dans l’univers tournait autour de la Terre. Mais Galilée a observé quatre « étoiles » près de Jupiter qui l’orbitaient plutôt, révélant un système planétaire en miniature.

Ces quatre lunes — Io, Europe, Ganymède et Callisto — sont aujourd’hui appelées les lunes galiléennes en son honneur, et elles continuent de fasciner les scientifiques. Europe, par exemple, posséderait un océan sous sa croûte glacée et figure parmi les endroits les plus prometteurs du Système solaire pour la vie extraterrestre. Ganymède est la plus grande lune du Système solaire, plus grande encore que Mercure. Callisto est l’un des objets les plus anciens de notre Système solaire, et aussi le plus criblé de cratères. Enfin, Io est l’objet le plus actif sur le plan géologique dans tout le Système solaire, avec plus de 400 volcans.

Vous pouvez facilement observer les quatre lunes galiléennes avec une paire de jumelles par une soirée dégagée. Vous pouvez même suivre leur mouvement autour de Jupiter pendant quelques nuits, comme l’a fait Galilée. En regardant Jupiter, leur ordre du plus proche au plus éloigné est : Io, Europe, Ganymède et Callisto.

La Lune au premier quartier observée au télescope depuis L’Aquila, en Italie, le 16 février 2024. Crédit image : Lorenzo Di Cola/NurPhoto via Getty Images

2. Les cratères de la Lune

Avant Galilée, la plupart des scientifiques croyaient que tous les objets célestes étaient des sphères parfaitement lisses, conformément aux théories cosmiques d’Aristote — y compris la Lune. Il n’y avait pas vraiment de consensus sur l’origine des taches visibles à sa surface si elle était supposément lisse. Certaines théories populaires suggéraient que sa proximité avec la Terre corrompait la lumière qu’elle émettait, ou qu’elle reflétait les océans et les continents terrestres.

Mais en observant la Lune avec son télescope, Galilée a remarqué qu’elle n’était pas du tout lisse: elle possédait des cratères, des montagnes, et d’autres reliefs semblables à ceux de la Terre. En regardant de près la ligne qui sépare le côté éclairé du côté sombre — appelée le terminateur lunaire — il a vu que cette ligne était irrégulière, ce qui suggérait que ces reliefs projetaient des ombres. Cette observation allait à l’encontre des idées dominantes de l’époque, et représentait une autre preuve que l’univers était bien différent de ce qu’on croyait.

Aujourd’hui, vous pouvez voir bon nombre des reliefs géologiques que Galilée avait observés. De plus, différentes phases lunaires révèlent différentes régions de sa surface. Pendant le premier quartier, par exemple, on distingue facilement les ombres projetées sur la ligne du terminateur, comme l’a fait Galilée. Et lors de la pleine lune, quand une plus grande partie de la surface est éclairée par le Soleil, on peut voir des zones célèbres comme la Mer de la Tranquillité et de nombreux cratères à la limite de la visibilité.

John Milton rencontrant Galilée en 1638. Crédit image : Ilustración Artística 1899, d’après Tito Lessi, via Getty Images

3. Les étoiles de la Voie lactée

La Voie lactée a toujours été visible dans le ciel nocturne, mais on n’a pas toujours su ce que c’était. De nombreux Européens pensaient qu’il s’agissait d’un genre de nuage spatial. Des astronomes islamiques avaient plutôt émis l’hypothèse qu’il s’agissait d’une mer d’étoiles trop proches les unes des autres pour être distinguées à l’œil nu. C’est Galilée, toutefois, qui a été le premier à voir des étoiles individuelles dans la Voie lactée. Et vous pouvez en faire autant avec une bonne paire de jumelles. Une belle occasion de prendre conscience de l’immensité de notre propre galaxie, qui contiendrait entre 100 et 400 milliards d’étoiles.

Lorsque vous observez la Voie lactée, vous regardez vers le cœur dense d’étoiles près de son centre. C’est parce que nous nous trouvons plus loin, sur l’un des bras spiraux de la galaxie. Et au centre de cette galaxie se trouve le trou noir SgrA*, qui a été photographié pour la première fois par le télescope Event Horizon en 2022.

Illustration de Galilée présentant son télescope. Source image : Getty Images

4. Les phases de Vénus

Observer les phases de Vénus demande des jumelles plus puissantes et une certaine prudence. Comme notre voisine planétaire se trouve près du Soleil dans le ciel, il vaut mieux l’observer juste avant le lever du soleil ou peu après son coucher, lorsqu’elle est éloignée du Soleil dans le ciel. Il ne faut jamais regarder Vénus lorsque le Soleil est visible, car cela pourrait endommager vos yeux.

À l’œil nu, Vénus ne montre que des phases extrêmes en croissant. Mais avec un peu d’aide optique, vous pouvez constater qu’elle passe par des phases semblables à celles de la Lune. Lorsque Galilée a observé ce phénomène pour la première fois, cela allait à l’encontre de l’idée répandue selon laquelle les planètes tournaient en petits cercles — appelés « épicycles » — autour de la Terre. Mais si Vénus avait des phases comme la Lune, elle devait forcément passer derrière le Soleil à un moment donné, ce qui impliquait que d’autres objets tournaient probablement autour du Soleil eux aussi.

Observer Vénus peut être complexe, car elle devient difficile à voir pendant de longues périodes au cours de l’année. Voici un petit guide des meilleurs moments pour observer Vénus en 2025 :

  • 1er février : planète du soir, visible peu après le coucher du soleil.
  • 1er au 15 mars : planète du soir, se couche plus de 3 heures après le Soleil.
  • 25 avril : planète du matin, se lève 70 minutes avant le lever du soleil. Forme un petit triangle avec Saturne et Neptune.
  • 1er juin : planète du matin. Vénus atteint sa plus grande élongation à l’ouest (au matin).
  • 1er septembre : planète du matin, se lève 3 heures avant le Soleil.
  • 19 septembre : Vénus passe derrière la Lune pendant quelques heures.
  • 1er octobre : planète du matin, se lève 2 heures 15 minutes avant le lever du soleil.

Pour en apprendre davantage sur Galilée et ses nombreuses découvertes, ne manquez pas l’exposition consacrée à Galilée présentée au Perimeter Institute ce mois de février. Riche en reproductions d’artefacts et de documents tirés de sa vie et de son époque, cette exposition est un voyage dans l’histoire et une exploration de la manière dont notre vision de l’univers a commencé à changer.

 

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L'Institut Périmètre est le plus grand centre de recherche en physique théorique au monde. Fondé en 1999, cet institut indépendant vise à favoriser les percées dans la compréhension fondamentale de notre univers, des plus infimes particules au cosmos tout entier. Les recherches effectuées à l’Institut Périmètre reposent sur l'idée que la science fondamentale fait progresser le savoir humain et catalyse l'innovation, et que la physique théorique d'aujourd'hui est la technologie de demain. Situé dans la région de Waterloo, cet établissement sans but lucratif met de l'avant un partenariat public-privé unique en son genre avec entre autres les gouvernements de l'Ontario et du Canada. Il facilite la recherche de pointe, forme la prochaine génération de pionniers de la science et communique le pouvoir de la physique grâce à des programmes primés d'éducation et de vulgarisation.

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