Les programmes de l’Institut Périmètre visant à attirer et à retenir davantage de femmes en sciences s’appellent collectivement les initiatives Emmy-Noether, nommées en l’honneur de la grande mathématicienne allemande, dont les travaux sous-tendent une bonne partie de la physique moderne. Les initiatives Emmy-Noether visent à encourager les femmes et les filles à faire carrière en physique et à leur donner l’assurance pour réussir.
Ces initiatives prennent la forme d’une sensibilisation auprès d’élèves du secondaire grâce à la conférence Inspiring Future Women in Science (Inspirer les futures scientifiques), d’un soutien financier à des étudiantes diplômées au moyen du Fonds de bourses Emmy-Noether pour talents émergents, ainsi que d’occasions de perfectionnement professionnel pour les chercheuses. Elles sont financées grâce entre autres à la générosité du Conseil Emmy-Noether et de donateurs du Cercle Emmy-Noether.
Le programme de bourses Simons-Emmy-Noether
Avec le soutien de la Fondation Simons, le programme de bourses Simons-Emmy-Noether offre aux chercheuses invitées la possibilité de séjourner au sein de la brillante communauté de recherche multidisciplinaire de l’Institut Périmètre pour une période allant jusqu’à un an dans le volet professoral ou trois mois dans le volet postdoctoral. Ces chercheuses se voient offrir une occasion unique d’être libérées de leurs tâches d’enseignement et de gestion pour se concentrer sur leurs travaux de recherche et se créer un réseau de pairs aux quatre coins du monde.
La souplesse est une caractéristique fondamentale du programme, qui aide les femmes en physique à abaisser les barrières qu’elles doivent surmonter. L’Institut Périmètre travaille avec les boursières pour adapter leur séjour, ce qui peut comprendre des ententes auprès de leur établissement d’appartenance pour les relever de leur tâche d’enseignement, ainsi que de l’aide pour trouver un logement à proximité et des services de garde au besoin. Les boursières reçoivent également une aide pour faire venir leurs étudiants diplômés et leurs postdoctorants, ainsi qu’un soutien administratif et logistique. De nombreuses boursières Simons-Emmy-Noether reviennent à l’Institut année après année, tissant des liens toujours plus étroits avec les gens de l’Institut Périmètre et du milieu scientifique. Les anciennes boursières bénéficient ainsi des effets positifs du programme pendant de nombreuses années.
En raison du décalage de l’année budgétaire de l’Institut, aucune nouvelle boursière ou boursière postdoctorale Simon-Emmy-Noether n’a été nommée au cours de l’année budgétaire 2024-2025, car les périodes de candidature et d’admission ne concordaient pas avec cette année écourtée. Des lettres d’acceptation ont été envoyées à la cohorte de 2025-2026; les résultats seront publiés sur le site Web de l’Institut au cours des prochains mois et seront inclus dans le prochain rapport annuel (2025-2026).
En mars 2025, l’Institut Périmètre a présenté, avec le soutien de la Fondation Simons, l’atelier Emmy-Noether Quantum Space Time (l’espace-temps quantique), qui avait pour but de faire converger des chercheuses de divers horizons pour leur donner l’occasion d’échanger des idées et d’acquérir de nouvelles connaissances. Sur les 15 conférencières présentes, 7 avaient déjà été boursières professorales ou postdoctorales du programme. Cette conférence a rassemblé 32 participantes, dont des chercheuses et des étudiantes de l’Institut et des boursières professorales et postdoctorales Simons-Emmy-Noether des cohortes précédentes.
« Le programme [de bourses Simons-Emmy-Noether] est inestimable, et sa grande flexibilité m’a permis d’adapter mon séjour pour en tirer le meilleur parti. La générosité et l’hospitalité qu’offrent le programme et l’Institut Périmètre m’ont permis de me concentrer pleinement et efficacement sur la physique durant mon séjour. La durée prolongée du séjour est également propice à la création de liens significatifs avec les chercheurs en résidence. L’Institut Périmètre est un lieu inspirant; c’est l’un des rares endroits au monde où l’on trouve une telle concentration de scientifiques qui se consacrent à des questions fondamentales. Les nombreuses conversations (spontanées ou planifiées) que j’ai eues avec d’autres chercheuses m’ont été bénéfiques sur le plan scientifique et professionnel. Le fait d’avoir eu le temps, pendant mon séjour, de réfléchir à certains aspects de ma recherche m’a permis de mieux cerner la direction que je voulais donner à mes travaux. J’ai aussi beaucoup apprécié la possibilité de faire venir mon étudiant au cours de mon séjour. »
—Yasaman Kouchekzadeh Yazdi, boursière postdoctorale Simons-Emmy-Noether 2024-2025
Les Gens de l’Institut: Boursière Simons-Emmy-Noether
Cora Uhlemann
Des lunettes pour un télescope spatial
La sonde spatiale Planck de l’Agence spatiale européenne a capté la première lumière à avoir voyagé librement dans l’Univers, émise environ 380 millions d’années après le Big Bang. Cette lumière primordiale est connue sous le nom de fond diffus cosmologique, et montre qu’il n’y avait à cette époque que de légères fluctuations de température et de densité, contrairement à ce que connaît le vaste réseau cosmique d’étoiles et de galaxies que nous voyons aujourd’hui. Aujourd’hui, la cosmologiste Cora Uhlemann et son groupe de recherche tentent de comprendre, à l’aide de nouvelles méthodes d’analyse statistique, comment ces conditions initiales que l’on observe ont mené à une structure de galaxies ressemblant à une toile.
Dans le cadre de ces travaux, l’équipe fait également appel à un phénomène appelé « l’effet lenticulaire gravitationnel faible », qui se produit lorsque d’énormes structures cosmiques déforment et étirent l’image des galaxies en arrière-plan. En arrivant à comprendre l’effet lenticulaire gravitationnel, les cosmologistes pourront mesurer avec précision la masse totale de la matière qui provoque cet effet, dont celle de la matière noire qu’elle contient et des objets qui se trouvent en arrière-plan.
Préparez-vous à entendre parler des huit nouvelles boursières Simons-Emmy-Noether 2024
En s’attaquant aux grandes questions, de l’échelle quantique à l’échelle cosmologique, la cohorte de l’année dernière (2024) dans le volet professoral des bourses Simons-Emmy-Noether est un exemple de ce que la physique a de mieux à offrir. Le programme soutient des physiciennes de talent, en les aidant à démarrer leur jeune carrière prometteuse et à s’investir dans des travaux de recherche de pointe. Les boursières se voient offrir la chance de travailler en collaboration avec des chercheurs et chercheuses de l’Institut Périmètre pour des séjours prolongés, et d’être libérées de leurs tâches de gestion et d’enseignement habituelles pour focaliser sur l’avancement de leurs projets de recherche. Le programme est nommé en l’honneur d’une grande physicienne du XXe siècle, Emmy Noether, dont les travaux lui ont valu une place aux côtés de grands noms du siècle dernier, comme Albert Einstein, Niels Bohr et Marie Curie.