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Rowan Thomson a obtenu son doctorat à l’Institut Périmètre de physique théorique. Elle met maintenant à profit ses connaissances en physique théorique pour faire progresser et développer de nouvelles approches thérapeutiques en physique médicale.

Les ancien·ne·s de l’Institut Périmètre ont poursuivi des parcours très variés après leur passage à l’Institut. On retrouve étonnamment beaucoup de physique en médecine, et Rowan Thomson met à profit sa formation en physique théorique pour développer de nouveaux traitements contre le cancer, plus précis et novateurs. Nous avons rencontré Rowan Thomson afin d’en apprendre davantage sur son parcours.

Cette entrevue a été légèrement révisée pour des raisons de clarté et de concision.

Quel est votre rôle actuel et comment cherchez-vous à repousser les frontières de votre domaine?

Je suis professeure de physique et doyenne associée (Équité, diversité et inclusion; EDI) à la Faculté des sciences de l’Université Carleton. Je développe des approches théoriques et des techniques de calcul pour étudier les interactions des rayonnements avec la matière, en tenant souvent compte d’applications en médecine des rayonnements. Avoir un doctorat en physique théorique et travailler aujourd’hui dans un autre domaine — la physique médicale — signifie que ma perspective n’est jamais limitée : ma recherche repousse constamment les frontières.

Mon équipe a développé egs_brachy, le code source libre le plus rapide et précis au monde pour calculer la dose de rayonnement en curiethérapie, un type de traitement du cancer utilisant des sources de rayonnement situées à l’intérieur ou près de la tumeur. Nous collaborons maintenant avec des radio-oncologues afin de faire progresser les traitements. Mon équipe a également mis au point de nouvelles approches permettant de relier différentes échelles — du patient à la cellule jusqu’à la nanoparticule — dans des simulations de Monte Carlo, pour élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques et faire avancer les connaissances en médecine des rayonnements. Nous travaillons avec des biologistes, des spécialistes des données et des expérimentateurs pour mieux comprendre les réponses biologiques.

Les défis liés à l’EDI influencent qui fait de la science et quelles sont leurs expériences, la façon dont la science est réalisée et son alignement avec la société; mais la science appartient à tout le monde — une affirmation simple aux multiples dimensions. Je définis et je mobilise avec enthousiasme des actions pour favoriser le changement en STIM, au-delà des disciplines, des domaines et des organisations.

Rowan Thomson, professeure de physique et doyenne associée (EDI) à l’Université Carleton, fait progresser les traitements contre le cancer grâce à des recherches de pointe en physique médicale — et plaide en faveur de l’équité, de la diversité et de l’inclusion en science. Crédit photo : Université Carleton

Qu’est-ce qui vous a menée là où vous êtes aujourd’hui?

Après avoir terminé avec succès mon doctorat en théorie des cordes à l’Institut Périmètre (fin 2007), j’ai fait la transition vers la spécialisation appliquée de la physique médicale, en commençant comme professeure adjointe à la fin de 2010. Ce parcours de recherche inhabituel me permet d’explorer des sujets que peu de personnes dans le monde peuvent étudier, allant de la dosimétrie fondamentale des rayonnements à la modélisation quantique des interactions entre les rayonnements de faible énergie et l’ADN.

De précieuses occasions ont propulsé ma recherche et suscité de nouvelles pistes créatives. Par exemple, ma nomination à une chaire de recherche du Canada m’a offert du temps et de la liberté pour mes travaux, et le fait d’avoir été nommée première doyenne associée à l’EDI m’a donné une tribune de leadership pour favoriser un changement concret. De nombreux facteurs ont contribué à mon succès. Mon amour de la physique et des mathématiques, ainsi que mon enthousiasme pour l’apprentissage et le partage des connaissances, ont façonné mon parcours. Je suis capable de voir au-delà des frontières disciplinaires, ce qui découle peut-être de ma transition entre différents champs de la physique. J’ai eu la chance de recevoir l’appui de personnes importantes tout au long de mon cheminement : mentors, étudiant·e·s, collaborateur·trice·s et membres de ma famille.

Qu’est-ce qui vous passionne?

Je suis une grande adepte du ski de fond. Même si je ne fais plus de compétition, j’adore skier avec ma famille dans le parc de la Gatineau, au nord d’Ottawa. Nos sorties s’allongent de plus en plus, ce qui nous permet d’atteindre de petits chalets où nous réchauffons notre repas sur le poêle à bois. Lorsqu’il n’y a pas de neige, j’aime courir sur les sentiers du parc de la Gatineau ainsi que dans les espaces verts près des cours d’eau d’Ottawa. Je cultive aussi des légumes — tout, des verdures et des pommes de terre au basilic et à six variétés de tomates cerises anciennes.

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Quel impact votre travail a-t-il eu sur votre domaine et votre communauté?

Les résultats de mon programme de recherche ont un impact direct sur la recherche et la pratique en physique médicale et en radio-oncologie à l’échelle mondiale. Mon travail a mené à la création d’un code source libre de calibre international (egs_brachy) et à des évaluations de doses de rayonnement à la fine pointe, essentielles à la planification des traitements et à la compréhension des résultats. Mes résultats de recherche sont adoptés par des utilisateurs et utilisatrices de connaissances partout dans le monde, comme en témoigne leur inclusion dans des lignes directrices professionnelles et des documents de référence tels que ceux des Task Groups de l’American Association of Physicists in Medicine. Des chercheurs et chercheuses à travers le monde utilisent mon code egs_brachy et publient leurs propres résultats novateurs. Nous sommes actuellement en train de déployer egs_brachy dans des centres de cancérologie au Canada pour la recherche sur le cancer du sein et de la prostate. Le travail de mon groupe sur la modélisation multiéchelle (des nanoparticules aux cellules jusqu’aux patient·e·s) a des retombées pour de futures techniques de traitement (utilisant des nanoparticules), pour la mesure de la réponse cellulaire aux rayonnements (microspectroscopie Raman) et pour des procédures existantes en médecine des rayonnements (mammographie; Prix Greenfield; Prix Fedoruk).

Mon travail en EDI a suscité beaucoup d’attention (mon article dans Physics Today figurait parmi les articles phares de 2022), et j’ai reçu des invitations à prononcer des présentations invitées ou principales à l’échelle (inter)nationale (LBNL, CNRC, TRIUMF, Physics Today Webinar), ces présentations attirant des centaines de scientifiques. Le public me fait savoir que les outils pratiques (trousse pédagogique; guide de poche pour la recherche) développés par mon équipe sont extrêmement utiles pour intégrer l’EDI dans leurs activités scientifiques.

Comment redonnez-vous à votre communauté?

Je m’efforce d’offrir un mentorat exceptionnel. J’accompagne mes propres étudiant·e·s et stagiaires postdoctoraux ainsi que d’autres. Mes mentoré·e·s s’épanouissent dans des activités allant de la recherche fondamentale aux applications, ainsi que dans la vulgarisation scientifique (Let’s Talk Science), le leadership (conseils étudiants nationaux) et l’avancement de l’EDI (#StrikeForBlackLives, sondage). Mes étudiant·e·s sont coauteur·e·s de 45 articles parus dans des revues prestigieuses, dont cinq ont été mis en évidence comme « choix de la rédaction »; l’un d’entre eux a reçu le Prix international Greenfield et le Prix Fedoruk. Mes mentoré·e·s poursuivent des carrières enrichissantes et influentes dans le secteur privé, les soins de santé, le milieu universitaire et la fonction publique.

Je participe à des activités de sensibilisation, notamment en présentant mes recherches au grand public (Semaine de la culture scientifique, Bibliothèque publique d’Ottawa), à des élèves du secondaire (Enrichment Mini-Courses), et à des enseignant·e·s en formation. J’ai été experte dans l’émission jeunesse de TVOntario The Prime Radicals. J’ai aussi été interviewée dans Spotlight with Scientists in School. En tant que première doyenne associée à l’EDI à Carleton, je dirige l’intégration des meilleures pratiques en matière d’EDI à la Faculté des sciences (permanence/promotion; initiatives autochtones) et je préside le comité scientifique sur l’EDI. Je copréside également le Comité mixte sur l’EDI en emploi de Carleton. J’ai été invitée à assumer des rôles de leadership liés à l’EDI dans des sociétés professionnelles, notamment au sein du Comité de mise en œuvre de l’EDI de l’Association canadienne des physiciens et physiciennes et du groupe de travail sur l’EDI du Science Council de l’American Association of Physicists in Medicine.

À propos de l’IP

L'Institut Périmètre est le plus grand centre de recherche en physique théorique au monde. Fondé en 1999, cet institut indépendant vise à favoriser les percées dans la compréhension fondamentale de notre univers, des plus infimes particules au cosmos tout entier. Les recherches effectuées à l’Institut Périmètre reposent sur l'idée que la science fondamentale fait progresser le savoir humain et catalyse l'innovation, et que la physique théorique d'aujourd'hui est la technologie de demain. Situé dans la région de Waterloo, cet établissement sans but lucratif met de l'avant un partenariat public-privé unique en son genre avec entre autres les gouvernements de l'Ontario et du Canada. Il facilite la recherche de pointe, forme la prochaine génération de pionniers de la science et communique le pouvoir de la physique grâce à des programmes primés d'éducation et de vulgarisation.

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